Participation de l’ACEB à l’enquête publique sur le PLU-2 (Nouveau Plan Local d’Urbanisme)

Contribution à l’enquête publique PLU2 – 11 janvier 2019 – Association Citoyenne pour l’Environnement à Bousbecque ( ACEB ).

l’ACEB confirme l’avis de la MRES et certains points soulevés par la MRAE : « Bousbecque est une illustration parfaite des manques et insuffisances du PLU 2 » : Soulignés par ces deux instances.

SUR LA FORME :  Le PLU est indigeste donc illisible :

  • les conseillers municipaux n’ont même pas pu disposer, bien avant le lancement de l’enquête publique, d’une reproduction papier lisible du PLU2 proposé pour leur commune or la lecture d’ensemble sur un écran d’ordinateur est difficile.
  • les conseillers municipaux déplorent que les communes n’aient donc pas fait d’efforts pour discuter du PLU2 avec leur population.
  • La compréhension de l’ensemble des dossiers est difficile même lorsqu’une présentation est organisée pour les conseillers municipaux et encore plus lorsque les habitants et associations sont isolés face à une telle tâche, et malheureusement la mise en ligne du dossier ne résout pas ce problème.
  • Il aurait sans doute été opportun d’associer les associations environnementales et autres à l’élaboration du PLU 2  en amont de l’enquête publique
  • les contraintes de temps pèsent lourdement pour répondre à cette enquête

Néanmoins et à cause des remarques ci-dessus, nous avons les remarques et questions suivantes à apporter .

SUR LE FOND :   A Bousbecque le PLU 2 ressemble fortement au PLU de 2004…

Cependant quelques points positifs sont à souligner : l’abandon de la voie de contournement/ barreau au Bonnier au Seigle – L’extension sur 1 parcelle des prairies zone naturelle de protection des milieux sensibles des prairies de la Lys qui accueillent notamment chaque année nombre d’oiseaux migrateurs tels que les oies cendrées – Le zonage en corridor écologique de la Lys – Et enfin la réduction partielle de l’urbanisation, demandée par le Maire, de la zone naturelle à urbaniser au Bonnier au Seigle – Egalement la confirmation du PLU 2004 autour du hameau des Bois et selon un axe qui court jusqu’à la Lys d’espaces naturels relais et de zones tampon de la biodiversité.

Mais les remarques sur les manques du PLU 2 sont malheureusement plus nombreuses :

Concernant l’urbanisation et l’artificialisation des sols  :

Concernant les zones à urbaniser sur des terrains agricoles et notamment le Bonnier au Seigle : Toute la zone du Bonnier au Seigle appartient à l’hémicycle agricole et présente en outre un intérêt paysager à restaurer par la replantation des traditionnels saules têtards le long des becques et elle présente de nombreux petits chemins piétonniers entre les champs. Cet hémicycle agricole est une réelle respiration entre Bousbecque et Wervicq . Si elle devait être construite, même partiellement, alors on aurait affaire à la constitution d’une conurbation , tout serait urbanisé en continu et le caractère campagnard disparaîtrait.

Serait-il possible de troquer cette zone à urbaniser différée mixte contre la construction de logements plus centraux par rapport au centre ville de Bousbecque ?

A tout le moins nous demandons que les futures constructions soient faites selon le cahier des charges d’un écoquartier, avec prise en compte des cheminements piétons naturels existants et restauration des écosystèmes.

La carence en logements sociauxde la commune pousse à une densification extrême du centre ville et ce sur des zones parfois polluées. Nous demandons que les logements sociaux bénéficient de la qualité d’écoquartiers.

La construction de logements entraîne systématiquement la construction de parkings pour les voitures donc une réelle emprise : pourquoi ne pas prévoir des parkings sous les constructions et, même pour les parkings de moins de 1000 m2, de faire des parkings permettant à l’eau de s’infiltrer ainsi qu’une revégétalisation, avec des matériaux permettant une réversibilité des aménagements faits , pour un avenir où les ménages seront moins dépendants de leur voiture personnelle : ainsi on pourrait facilement à l’avenir transformer ces parkings en petits espaces verts et cultivables.

Concernant la densification du bâti en centre ville tissu urbain mixte :

Les arbres et jardins en ville sont menacés par les appétits immobiliers. Nous demandons la géolocalisation fine des arbres et ensembles arborés parfois centenaires afin de les préserver lors de toute opération immobilière ultérieure, ce qui empêchera l’accroissement de l’ilot urbain de chaleur.

Concernant la centralité de Bousbecque et le tissu résidentiel de l’ère industrielle :

La quasi-totalité des espaces arborés sont l’héritage des jardins des châteaux-villas construites par les anciens patrons de la papeterie de Bousbecque à partir de la fin du 19è siècle. Le seul jardin public est celui de la mairie.

Les grands jardins privés font l’objet d’appétits immobiliers et les grands arbres ne sont pas protégés. Nous demandons le recensement et la protection dans les cahiers des charges de ces arbres.

Concernant les maisons de rangée ouvrières, leurs petits jardins typiques en front de rue sont détruits pour une artificialisation des sols : Nous demandons une clause de reconnaissance et de protection de cet héritage historique.

Concernant la friche du château classée en zone d’activités diversifiées : Nous demandons la création d’un jardin public et naturel car il n’existe aucun espace vert public hormis le petit parc de la mairie –qui est lui-même l’ancien jardin d’une maison de maître. Nous demandons des projets permettant aux espèces animales et végétales recensées par l’enquête faunistique et floristique de s’y épanouir.

Nous déplorons qu’aucun inventaire ne préserve le petit patrimoine de Bousbecque hormis quelques oratoires , chapelles ou quelques fermes : Or il existe tout un patrimoine architectural et paysager des maisons de maitre et maisons ouvrières, patrimoine industriel et militaire (Blockhaus), s’ajoutant ainsi au patrimoine naturel.

Rénovation du bâti existant , construction de bâtiments publics : Que la rénovation/ construction des centres sportifs, écoles et salles des fêtes soit favorisée selon un cahier des charges vertueux pour l’environnement. Que l’économie circulaire sur les zones artisanales et industrielles soit favorisée.

Concernant l’écosystème, zones naturelles et agricoles , zones de protection environnementale et architecturale, la biodiversité  :

  • aucun recensement fin ni protection au PLU 2 des cheminements piétonniers existants, des becques, squares , parcs et jardins arborés , arbres de rue . Les parcs et jardins sur la commune ne sont pas zonés. Même si la commune est entourée de terres agricoles et de chemins agricoles qui peuvent constituer des lieux de promenades aux abords des terres agricoles, le parc est un lieu de rencontres et de création de liens qu’il s’agit de préserver à Bousbecque.
  • Nous demandons la création d’emplacements linéaires réservés le long des becques, prairies et champs cultivés pour rendre possible leur reboisement ancestral.

Nous demandons également de bloquer au PLU 2 des espaces de jardins familiaux et de terrains cultivés en zone urbaine.

Nous demandons le recensement et classement à l’IPEN des arbres remarquables et la préservation des grands arbres existants pour éviter l’accroissement de  l’ilot de chaleur urbain.

Nous déplorons l’absence de géolocalisation au PLU 2 des espèces animales et végétales alors que ces informations ont été en partie établies par Voies Navigables de France le long de la Lys. Une enquête faunistique et floristique sur la friche du château est en cours.

 

  • Concernant les corridors écologiques: Le corridor écologique qui va du Hameau des Bois jusqu’à la Lys court sur une zone industrielle qui semble avoir été étendue ; ce corridor et les zones tampons biodiversité n’inclut pas les zones humides de ce secteur.
  • des actions concrètes seront-elles engagées dans les zones tampons et les corridors écologiques ? Car il nous semble que ces zones doivent faire l’objet si nécessaire de la recréation de milieux attirants pour la faune et la flore.

 La trame verte et bleue est donc assez illisible !

  • quelle approche écosystémique avec la zone Natura 2000 Vallée de la lys dans le contexte transfrontalier avec la Belgique?
  • Rien n’est prévu concernant les zones agricoles situées dans les hauteurs de Bousbecque, entre l’étang de pêche et le cimetière mais aussi au-delà de la rocade ( hormis le hameau des Bois ), pour préserver et restaurer ces zones agricoles. Ces zones agricoles sont également des secteurs paysagers à restaurer et des zones de biodiversité à entretenir mais aussi à restaurer, notamment par la restauration du boisement ancestral en bordure de champs becques et prairies : ceci nécessiterait par exemple un zonage spécial de ces bordures et nécessiterait d’accompagner les agriculteurs pour recenser les zones éligibles par exemple. Ceci aiderait aussi les agriculteurs à s’orienter plus facilement vers une agriculture plus écologique.

Qu’aucune zone artisanale industrielle ou commerciale nouvelle ne soit possible sans avoir étudié les possibilités offertes à Bousbecque et dans les communes limitrophes sur les friches industrielles et commerciales déjà existantes qui peuvent être dépolluées et réutilisées à cette même fin industrielle et artisanale ou commerciale.

Nous demandons une explication concernant la zone industrielle classée en UE au Chemin du Pont des Vaches donnant sur les prairies en zone naturelle écologique de la Lys se soit quelque peu étendue à l’arrière des maisons particulières, et pourquoi la zone tampon des réservoirs de biodiversité ne s’étend pas jusqu’à l’arrière des maisons particulières .

Au total les milieux naturels sont peu nombreux avec un taux de boisement très bas. Le nombre de mètres carrés de nature hors agriculture chimique est extrêmement bas bien que nous soyons dans l’hémicycle agricole.

Concernant la gestion de l’eau :

  • Un nouveau forage a été autorisé pour la papeterie sans étude d’impact de cette mesure sur les nappes phréatiques car l’entreprise ne peut plus utiliser l’eau de la Lys trop polluée particulièrement dans le bras mort de la lys .
  • Quid du nettoyage et de la mise en valeur du bras mort de la lys dont la commune souhaite une dépollution et un aménagement dans le cadre de la trame bleue et verte.
  • La Lys est artificialisée et polluée, ainsi que les becques.
  • quelle prise en compte du SAGE de la Lys ? ( schéma d’Aménagement et Gestion de l’Eau )
  • La cartographie des zones humides est lacunaire

Agriculture et alimentation :

Aucune prévision concernant l’autonomie alimentaire .

L’ agriculture chimique domine largement ce qui est dangereux pour la santé, la biodiversité, les sols, l’eau et les nappes phréatiques .

La promotion faite par la MEL des usines de méthanisation n’anticipe pas les conséquences sur l’air, les sols, l’eau … et donc les populations humaines et autres espèces du règne animal et végétal.

Concernant les déplacements et la qualité de l’air :

Quid d’aménagements pour favoriser les déplacements doux ( piétons, vélos) notamment rue de Wervicq où un aménagement de la MEL est prévu : seuls les passages piétons existants seront remis en valeur.

Mais la limite vers Wervicq de la commune,  où il existe un foyer d’accueil d’enfants, n’est même pas prise en compte dans ces réaménagements : un passage piéton spécifique vers ce foyer qui donne accès aussi au chemin du Pont des Vaches pour accès à la Lys devrait être créé ainsi que l’aménagement des trottoirs pour y accéder car cette zone représente un réel danger pour les déplacements doux type vélo/ trottinette et piéton.

Il serait également intéressant de réfléchir à une protection et une mise en valeur ou une création des cheminements pour les chevaux par exemple par un zonage ou un autre moyen.

A quand le réel désenclavement de la Vallée de la Lys par des horaires de bus cadencés et établis en fonction des réels besoins des habitants ?  Des bus qui redonneraient vie à l’ancien tram de la vallée de la Lys .

Il serait judicieux également de faire profiter l’ensemble du territoire métropolitain du dispositif de location de vélos en libre service, le V’Lille.

Quid du tram-train Comines-Lille ?

Quid d’une voie réservée aux bus , taxis et covoiturage sur l’A22  où la voie centrale aurait pu être aménagée suite aux travaux concernant les tuyaux de gaz ?

Au total sur Bousbecque la qualité de l’air est globalement mauvaise ( pollutions aux dioxines et PCB qui s’infiltrent dans les sols : l’Agence Régionale pour la Santé recommande de ne pas manger les œufs de nos poules ) : pollutions industrielles ainsi que pollutions des particuliers : brûlages et dépôts sauvages, garages de ville , dépendance à la voiture.

En conclusion, le PLU2 répond insuffisamment aux enjeux environnementaux !

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